Oui, c'est ça, aussi, La Chine!
Cliquez donc sur la vignette représentant cette funeste et immense place de rouge-sang.
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Le site de Chris-Tian Vidal.
J’offre ce billet à mon père, André Vidal, maire de Taurize, 1986-2008.
Ce billet comme un hommage à mon père et à notre « pays », Taurize en Val de Dagne, Aude, France.
Il s’agit d’un de nos extraits préférés de l’œuvre de Colette.
(...) « J'appartiens à un pays que j'ai quitté. Tu ne peux empêcher qu'à cette heure s'y épanouisse au soleil toute une chevelure embaumée de forêts. Rien ne peut empêcher qu'à cette heure l'herbe profonde y noie le pied des arbres, d'un vert délicieux et apaisant dont mon âme a soif... Viens, toi qui l'ignores, viens que je te dise tout bas : le parfum des bois de mon pays égale la fraise et la rose ! Tu jurerais, quand les taillis de ronces y sont en fleurs qu'un fruit mûrit on ne sait où - là-bas, ici, tout près - un fruit insaisissable qu'on aspire en ouvrant les narines. Tu jurerais, quand l'automne pénètre et meurtrit les feuillages tombés, qu'une pomme trop mûre vient de choir, et tu la cherches et tu la flaires, ici, là-bas, tout près...
Et si tu passais, en juin, entre les prairies fauchées, à
l'heure où la lune ruisselle sur les meules rondes qui sont les dunes de mon pays, tu sentirais, à leur parfum, s'ouvrir ton cœur. Tu fermerais les yeux, avec cette fierté grave dont tu voiles ta
volupté, et tu laisserais tomber ta tête, avec un muet soupir... » (...)
Colette in « Les vrilles de la vigne », Œuvres I, Nrf
Gallimard.


La Chine, contrée lointaine, longtemps imaginée et rêvée à travers ses lectures et ses rencontres, notamment avec son analyste chinois, sert de cadre à ce récit. Le grouillement de la foule, des vélos, l’impassibilité des visages asiatiques que j’ai moi-même connu, il y a longtemps au Vietnam, l’auteur les découvre avec ses yeux d’étranger. Il nous fait part de ses sensations, ses émotions. Mais au-delà de ces descriptions, ce qui est intéressant à suivre, c’est la recherche de son moi, déjà bien commencée. Plus que la connaissance de soi, c’est l’acceptation de soi-même, tel que l’on est. S’accepter et s’aimer soi-même tâche difficile et longue, avec ses erreurs, ses préjugés, ses défauts mais aussi ses qualités, ses dons, ses forces. Mais c’est la clef pour aimer aussi les autres – l’autre.
L’auteur, pourtant, ne semble pas manquer d’amour, pour autrui, pour l’art : peinture, musique, nature. Mais très sensible, il reste encore beaucoup de peurs, manque de confiance en soi – peur de la solitude, de la mort – ce qui est parfaitement humain.
Peut-être faut-il que l’auteur de ce récit, essaie de voir la France, où il vit, et l’Occident en
général, pour y retrouver, avec des yeux d’étranger, au-delà des égarements et des erreurs de cette civilisation, quelque chose de bon et de bien. Tout n’est sans doute pas à rejeter. Peut-être
y a-t-il, quelque part des lieux et des hommes capables de lui apporter une certaine sérénité ! Ce que je lui souhaite. SUZANNE.

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