Jeudi 27 mai 2010
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La poésie de Cecyl : « L'aube mystique », ISBN : 978-2-9530822-5.
Éditeur : « TheBookEdition ». Cliquer sur lien ( link ) pour commander le livre en format papier
directement chez l'éditeur.
Je dédie ce billet à tous les artistes, poètes, romanciers, nouvellistes, auto-biographes, écrivains anonymes que les dites
« grandes maisons d'édition » par intérêt purement mercantile laissent en marge de la publication à grands tirages et à renforts de propagandes.
D'abord l'auteur. Il s'agit d'une rencontre. Un jour. Une rencontre brutale, virile dira-t-on. Cecyl a écrit un beau billet sur mon
livre : « Marrakech, Où le mâle m'a dit la mort » même si je ne suis pas d'accord avec toute sa lecture. ( Lien
). Qu'il en soit ici remercié. Après un dialogue des plus fermes, désormais plus de douceur et une confiance mutuelle, je pense. Cecyl est un artiste, un de ces écorchés vifs, comme
j'aime.
A l'image de sa poésie, je qualifierais Cecyl d'homme vigoureux.
J'aime beaucoup la poésie. Il paraît que nos concitoyens lisent peu la poésie. Un recueil de poèmes, je le lis d'abord d'un trait,
puis ensuite, dans ma poche je le sors, pour m'isoler des bruits des bavards inutiles et encombrants et pendant les moments de solitude ou d'oisiveté dans l'attente moderne de nos nouvelles
technologies. J'aime ouvrir, au hasard, une page d'un recueil de poèmes et lire le hasard du poème : c'est toujours une lecture nouvelle.
Avant de rédiger ce billet, le livre de Cecyl est un livre que j'ai lu plusieurs, plusieurs fois !
Je vais vous en parler comme ça, comme la lecture des poèmes laisse en nous des traces, des émotions, des frissons. Je vais vous en
parler avec mon bonheur de la lecture de ce livre, de manière non formaliste, sans esprit de système, librement. Libre est la poésie ! Libre !
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Un poésie de l'amour, comme tout bon poète. Cecyl est un amoureux. Je vais
parsemer ces quelques notes de lecture de quelques uns de mes vers préférés en son livre. « Je crois bien que je suis de nouveau / Très amoureux de ma femme. » « L'amour est à
la mode / Profitons-en » : un réconfort pour le lecteur que je suis et qui vis en planète France... Moi qui trouve cette société à l'image de ses gouvernants, si superficielle, si
individualiste, matérialiste et égotiste mais « L'amour est à la mode » écrit Cecyl. Tant mieux ! Je ne vais pas livrer tout le recueil mais dans ce livre de l'amour, ces deux
vers : « Fébrile, je lève le voile / Ému d'une nudité fragile ».
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Vous le savez, ce que j'aime chez les peuples loin de nos contrées dites
« civilisées », pardonnez le terme, je n'en pense pas moins... Ce que j'aime, c'est le contact avec la nature. Des souvenirs de Mongolie me reviennent où chaque
matin, nous faisions offrandes aux éléments. Dans les grandes villes le contact avec la nature s'est perdu. A mon avis, de manière métaphorique : une vie sans arbres est une vie
morte ! Des sociétés occidentales sans cesse avec moins d'arbres... Je n'aime pas cela. Chez Cecyl on savoure le franc contact de l'auteur avec les éléments de son berceau breton. Un
contact physique dans les vers de l'auteur.
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Ce que j'aime tout particulièrement dans ce recueil de poèmes, c'est l'expression de la
difficulté du poète à vivre de son art. Les vers, alors, touchent notre âme et nombreux sont les poètes, dans notre littérature, qui ont exprimé leur même condition. Le poète est
l'objet de sa condition sociale et cette dernière devient joyau de poésie : « Parfois le temps n'a pas d'éthique / Il ne me reste plus qu'à retourner à l'usine / Et à remballer mes
grandes idées ». L'existence dans nos sociétés industrialisées y est alors sublimée par le verbe poétique. Cecyl m'apparaît alors comme ses prédécesseurs de plume, comme ces poètes
maudits et sublimes du XIX° siècle ! La vision de l'humanité en nos sociétés occidentales est rendue de manière très réaliste. Nous vivons bien dans un monde qui n'est que le pâle reflet
des apparences...
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Car la poésie de Cecyl tend à toucher l'Éternel ! « Mais l'angoisse
est un corbeau / Qui préfère la Terre au Ciel » et encore ce poète déchiffre ce qu'il nomme en oxymoron : « Les lumières de l'invisible ». Le livre du poète est plein d'un
questionnement métaphysique. La mort n'est rien, c'est juste que nous ne percevons pas toujours ces « lumières de l'invisible ». Aussi une invitation au voyage spirituel :
« Déflorer la Voie lactée » même si parfois : « Et prier pour mon âme me désole »...
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Cecyl est l'amant de le beauté des choses et de sa Bretagne native :
« L'air est chaud, sans étouffer / L'été en Bretagne, sait révéler / Une nature agréable et enchantée ». Quand il évoque cette Bretagne, si chère à son cœur, des vers de René Char
reviennent avec bonheur en ma mémoire. Dans le temps suspendu de cette contemplation bretonne : « Ne touchons à rien », nous chante le poète.
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Et notre destinée, alors ? Quelle prise a-t-on dans l'accomplissement de
nos vies ? Nos vies seront-elles un jour accomplies ? On voit un long chemin et finalement, au bout du vivre qu'aurons-nous parcouru ? « Le sort se joue des hommes / Comme des
feuilles d'automne ». Il y a du surréalisme dans l'évocation de la destinée humaine : « Un beau jour, moi aussi / Je goûterai au repos / Sous un chapeau de paille / Au ruban
bleu pâle ».
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Cette réflexion métaphysique ne peut aller sans une introspection, un regard
sur soi-même : « Le voyage initiatique / Le paradis intérieur ». Freud n'est pas bien loin... Et alors les réminiscences de l'enfance : « Les fruits de mon enfance
/ Me laissent dans la gorge / Un arrière goût acide ». Il y a dans cette thématique « du sang de (ses) sanglots » : magnifique métaphore. Il y a aussi dans la mort comme
une douceur baudelairienne, une délivrance : « Au cœur de la foule / Sous le voile du jour / Rien d'apparent / Tout / Meurt / Paisiblement ». Quel sens donner à nos
vies ? « Je pose des questions / Personne ne me répond / Mais à quoi sert-on ? »...
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On rentre dans le livre de Cecyl comme on suivrait une balade
rimbaldienne : « Et mon rôle m'échappe / J'ai rejoint les coulisses / Et la pure et folle ivresse de la liberté / Pour enfin sourire et
vagabonder ».
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Le livre est si riche que ce retour de plusieurs lectures est certes indigent, aussi, je vous
conseille la lecture de l'ouvrage et je vais clore ce billet par le poème : « Le gardien du sommeil » :
« Dors mon amour
D'un paisible sommeil
Je veille sur cette trêve
Pour que vivent tes rêves
Respire mon amour
Le plus doux des parfums
Je caresse de velours
Ton cœur jusqu'au matin ».
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